3 juin 2010

B.A

8 février. St-Germain. J’ai la dalle.
Je scrute les alentours rapidement analysant les choix qui s’offrent à moi. Crêpe, crêpe ou crêpe ? Vite fait bien fait. Une délicieuse crêpe salée très mince, aussi appelée galette, garnie de jambon et de fromage bien fondu à l'intérieur. Lointaine parente des crêpes sucrées de mon pays au goût d’érable. C’est l’amour dès la première bouchée. Sous le charme de ce délicieux met, je ne peux faire autrement que de renouveler l’expérience dès le lendemain. S'avérant que le plat est assez typique ici, on peut choisir parmi un nombre incalculable de marchands de galette. J'optes d’aller au plus près de chez moi, quartier des Abbesses, histoire de conserver toute la saveur de cet exotique gueuleton.

C'est un soir frisquet. Il est 20h. Bien enthousiaste, je commande donc la dite galette sans trop m'attarder, lorsque tout à coup,je réalise que le dit marchand a une goutte énorme qui lui pend au bout du nez. La plus grosse des gouttes de toute l'histoire des gouttes de d'sous de nez du monde. Celle-ci menaçant de faire, d'un instant à l'autre, l'ultime plongeon dans ce qui devait être, à la base, délectable, je me voyais dans l’obligation d’intervenir. Abasourdie devant la situation, et ne voulant pas insulter le brave homme, je fais la seule chose qui est en mon pouvoir : solliciter mon oeil de lynx pour suivre l’évolution de la perle maudite. Deux interminables minutes s'écoulent. Les plus longues de toute ma vie. Toute la scène se déroule dans un suspense complet; je retiens mon souffle jusqu'au moment de payer et enfin quitter.

Déambulant dans la rue, les galettes à la main, une question reste irrésolue: si goutte il y avait, a-t-il pu y en avoir d'autres avant... et si oui... où ont-elles atterries. Horrifiée, je cherche le premier itinérant qui croisera mon passage pour lui offrir ce qui devait être mon dîner. Je rentre chez moi, le ventre vide, mais l'esprit en paix d'avoir donné un bon repas chaud à quelqu’un qui avait la chance d’ignorer tout l’histoire de cette galette. Comme on dit, ce qu’on ignore ne peut pas nous faire de mal.

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